16.09.2007
Le virus H5N1 décelé dans le Sud de la Chine
PEKIN (Reuters) - Près de 10.000 canards ont succombé à la grippe aviaire dans un quartier périphérique de Guangzhou, métropole du sud de la Chine, a fait savoir samedi le ministère de l'Agriculture.
Selon les premières analyses, le virus en cause appartient à la souche hautement pathogène H5N1, transmissible à l'homme. Des tests complémentaires sont en cours dans un laboratoire national, précise le ministère, ajoutant que 33.000 canards ont été abattus pour enrayer l'épizootie.
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13.09.2007
Le virus aviaire H5N1 gagne du terrain en Europe…
Influenza Team (Influenza@ecdc.europa.eu) European Centre for Disease Prevention and Control, Stockholm, Sweden Highly pathogenic avian influenza A/H5N1 in birds within the EU - Implications for Public Health.
Depuis fin juin 2007, trois pays membres de l´Union Européenne (EU) ont rapporté des cas de sous type A/H5N1 avec des souches aviaires hautement pathogènes (HPAI) chez des oiseaux, essentiellement des cygnes. En République Tchèqu, un cygne sauvage et un élevage domestique de volaille, en Allemagne - Bavière et Saxonie - 8 cygnes et une oie, et en France -en Moselle- trois cygnes. Le programme de surveillance active de l´EU destiné aux oiseaux sauvages atteints de grippe aviaire comporte l´analyse de ces virus afin d´alerter le plus vite possible les autres Etats Membres. L´analyse initiale phylogénétique du sous type viral retrouvé dans les bouffées épidémiques, menée dans deux laboratoires de référence (« Laboratory for Avian influenza » (UK) et le « Friedrich-Loeffler Institute » en Allemagne), suggère que les virus récemment identifiés en République Tchèque et en Allemagne sont très proches. Ils sont néanmoins différents de ceux identifiés lors d´autres bouffées épidémiques récentes et en 2006 dans deux élevages de volailles de l´EU (UK et Hongrie). Le virus actuel est plus proche du lignage venant du Moyen-Orient (incluant le Bangladesh, le Pakistan et l´Azerbaïdjan) et de la Russie. Comme pour tous les virus H5N1 actuels, il n´y a aucune indication d´un changement phylogénétique significatif qui altérerait la conduite de ces virus chez l´homme. En accord avec la législation de l´EU sur la santé animale, des mesures de contrôle rigoureuses concernant les élevages de volaille ont été prises, afin de supprimer la cause de l´infection, réduire ou supprimer le niveau de circulation du virus aussi rapidement que possible pour prévenir sa diffusion. Cette stratégie implique l´abattage de toutes les volailles suivi du nettoyage et de la désinfection des lieux. De plus, deux zones concentriques, l´une de 3 km zone A à haut risque) et l´autre de 10 km (zone B à moindre risque) sont établies autour des fermes concernées. Autour des oiseaux sauvages infectés par A/H5N1, la législation de l´EU demande une aire de contrôle et une aire de surveillance. Une adaptation au cas par cas des mesures prises est faite en fonction de l´évaluation du risque (établi sur les conditions locales géographiques, écologiques et épidémiologiques). Elles sont destinées à prévenir la diffusion du virus aviaire vers des élevages domestiques et d´autres oiseaux captifs et associent un renforcement de la bio-sécurité et de l´information, l´interdiction temporaire de la chasse aux oiseaux sauvages et des restrictions de circulation de volaille et produits dérivés.
Des recherches épidémiologiques cherchant à identifier la source possible de bouffée épidémique chez les volailles en République Tchèque n´ont pas abouti. Néanmoins, la coïncidence entre l´atteinte des oiseaux sauvages et d´un élevage n´est pas fortuite et pourrait indiquer la présence intermittente du virus dans les populations d´oiseaux sauvages de certains Etats Membres. Ceci représente un danger potentiel pour les élevages compte tenu de la forte similarité génétique des virus retrouvés chez les oiseaux domestiques et sauvages.
La re-émergence du virus A/H5N1 chez les oiseaux de l´EU est préoccupante mais pas inattendue du fait de leur endémicité dans certaines régions du monde. Dans les Etats Membres Européens, leur apparition intermittente se fait à partir des mouvements incontrôlables d´oiseaux sauvages et peut-être de commerce illicite de volailles. L´infection semble plus circonscrite et moins intense qu´au printemps 2006, peut-être du fait de la surveillance active renforcée depuis 2006. La surveillance vétérinaire doit être maintenue chez les oiseaux domestiques et sauvages, essentielle pour une alerte précoce et la minimisation du risque d´exposition humaine au virus. Une collaboration étroite entre la santé publique et les vétérinaires reste cruciale. L´objectif est d´assurer aux personnes en contact étroit avec les oiseaux infectés des mesures appropriées. Elles associent un conseil d´utilisation des médicaments antiviraux, l´usage d´un équipement protecteur (gants, masques) et un suivi des personnes exposées.
Il existe un risque potentiel humain autour des cas d´oiseaux sauvages suspects d´infection à A/H5N1: des cas groupés humains ont été associés avec leur abattage et leur plumage en Azerbaïdjan. Ce risque, faible, dépend des mesures prises pour manipuler les oiseaux. La récente bouffée à virus aviaire de faible pathogénicité A/H7N2 au Royaume-Uni a montré combien les personnes en contact pouvaient être aisément infectées tout en ignorant le risque.
L´ECDC a publié à l automne 2005 des “guidelines” techniques destinées à minimiser le risque chez les humains à proximité d´oiseaux et animaux infectés par les virus aviaires (en particulier H5N1).
Le risque pandémique actuel découle des trois pandémies observées au 20e siècle dont l´origine pour toutes a été du matériel génétique introduit dans un virus humain à partir d´un virus aviaire. Le virus responsable de la grippe espagnole de 1918 étant le plus proche d´une souche aviaire, il n´y a pas de raison évidente pour penser que les gènes de A/H5N1 devraient contribuer à la prochaine pandémie plus que d´autres virus aviaires (H2, H7, H9, etc.) en circulation. L´élément troublant de A/H5N1 est son taux de létalité sans précédent, supérieur à 60% chez les humains. De plus, contrairement aux autres virus aviaires, il est exceptionnellement persistant chez les oiseaux et continue à entrer en contact avec les humains des pays où il est endémique chez les oiseaux domestiques. L´EU se prépare avec objectivité à toute pandémie de grippe, tout en ayant une vigilance marquée pour les virus A/H5.
Conclusions : même si les virus A/H5N1, prédominants chez les oiseaux, sont mal adaptés à l´homme, qu´ils ont du mal à infecter sauf à l´occasion de doses fortes, ils sont dangereux pour les quelques individus infectés, mais sans se transmettre d´homme à homme. Les mesures vétérinaires appliquées associées aux “guidelines” de santé publique expliquent probablement l´absence de cas humains en Europe malgré l´atteinte des oiseaux. Aucune complaisance ne peut être admise et le maintien d´une vigilance, du contrôle de l´infection de la volaille et une réactivité rapide sont des atouts majeurs pour protéger les humains.
Eurosurveillance 2007 ;12/issue 7
Dr Catherine Weil-Olivier
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11.09.2007
Grippe aviaire : les essais prometteurs d'un vaccin
Les résultats préliminaires du premier essai clinique d'un vaccin novateur contre l'influenza aviaire H7N1 («grippe aviaire») montrent que ce produit est sûr et bien toléré par les volontaires sains. Ce vaccin a été mis au point par une équipe de scientifiques européens, de la conception du virus vaccinal à la réalisation de ce premier essai clinique, et a été cofinancé par le programme-cadre de recherche de l'Union européenne.
La Commission européenne a également annoncé aujourd'hui les résultats de son dernier appel de propositions concernant de nouveaux projets de recherche sur l'influenza: avec plus de 27 millions d'euros pour 11 nouveaux projets de collaboration, la Commission poursuit son soutien de longue date aux solutions scientifiques novatrices contre cette maladie mortelle.
«Nous pouvons tant accomplir en travaillant ensemble», a déclaré Janez Potočnik, commissaire européen à la science et à la recherche. «Ce projet est un exemple parmi d'autres qui montre comment une coopération européenne peut mener à des résultats concrets dans des domaines vraiment importants pour les Européens».
Une menace contre la santé humaine et animale
L'influenza constitue une menace importante pour la santé humaine comme animale. Si, actuellement, on se préoccupe principalement du risque d'apparition d'une influenza «pandémique» qui se répandrait rapidement sur la planète et tuerait des millions de gens, on oublie souvent que, même au cours d'une saison d'influenza «normale», cette maladie est responsable du décès de 300 000 personnes dans le monde. En outre, l'influenza chez les oiseaux domestiques provoque d'énormes pertes économiques et affecte directement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance dans les régions rurales des pays en développement.
Le projet FLUPAN
Le projet FLUPAN, soutenu à hauteur de 2,1 millions d'euros par le 5e programme-cadre de recherche de l'UE, a rassemblé des équipes de recherche britanniques, italienne, norvégienne et française pour développer le premier vaccin candidat à usage humain contre le sous-type H7N1 de l'influenza aviaire, potentiellement mortelle. Le virus diffère du sous-type H5N1 qui circule actuellement en Asie et a provoqué un certain nombre de contaminations et de décès chez l'homme. Cependant, le H7N1 a déjà causé des épidémies meurtrières chez la volaille en Europe et est potentiellement transmissible à l'être humain, puis entre humains. Comme le virus H7N1 est au départ considéré comme trop dangereux pour être utilisé par les fabricants de vaccins, il a été rendu sûr par un processus de modification relevant de la «génétique inverse». Ce vaccin est produit à partir d'une lignée cellulaire et non dans des œufs comme c'est le cas habituellement. La culture cellulaire est une technologie qui pourrait compléter la capacité actuelle de production de vaccins à base d'œufs en cas de pandémie d'influenza. Les résultats de l'essai clinique récemment achevé indiquent que le vaccin a été bien toléré et n'a provoqué aucun effet secondaire grave chez les volontaires.
Le vaccin a été adjuvé (pour accroître la réaction immunitaire) pour certains volontaires et a suscité des réponses immunitaires correspondant à celles provoquées par d'autres vaccins contre l'influenza aviaire (H5N1) contenant un adjuvant à l'aluminium aux doses testées. De futures études, avec l'ajout d'un adjuvant plus puissant, pourraient accroître le niveau de protection.
La Commission européenne a également annoncé aujourd'hui les résultats de sa dernière sélection de nouveaux projets de recherche sur l'influenza: après une évaluation complète, par des experts indépendants, de 44 projets concernant l'influenza, soumis en réponse à son récent appel de propositions (le premier du 7e programme-cadre de recherche qui a commencé cette année), la Commission va lancer la négociation de contrats avec les promoteurs des 11 meilleurs projets, auxquels elle prévoit d'apporter plus de 27 millions d'euros. Ces équipes de recherche s'attaquent à plusieurs questions importantes, comme le développement de nouvelles méthodes de diagnostic de pointe, la recherche de cibles médicamenteuses novatrices, la modélisation de la propagation d'une pandémie potentielle et l'impact des mesures préventives, ainsi que le développement d'un vaccin original facile à administrer, sous forme de spray nasal. Parmi les consortiums sélectionnés, plusieurs comprennent des institutions de recherche des régions d'Asie touchées.
La Commission soutient depuis longtemps des projets de recherche de haut niveau sur l'influenza. Elle considère les solutions scientifiques à cette menace potentielle pour la santé comme une composante importante de sa réaction globale à l'influenza aviaire et humaine. Après la sélection des projets évoqués ci-dessus, le financement total de la Commission pour la recherche sur l'influenza se monte à plus de 90 millions d'euros depuis 2001.
Source http://www.enviro2b.com/environnement-actualite-developpement-durable/4766/article.html
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