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30.05.2007

Vaccin

DJAKARTA (AP) - Le laboratoire pharmaceutique américain Baxter va lancer l'essai clinique d'un vaccin contre la grippe aviaire en Indonésie, a annoncé la ministre indonésienne de la Santé, précisant que le pays stockera au départ deux millions de doses.

Dans le cadre d'un accord conclu en février, l'Indonésie a accepté de fournir au laboratoire des échantillons de sa souche H5N1, en échange de prix préférentiels sur les vaccins ainsi développés. Siti Fadilah Supari a expliqué à l'Associated Press que l'essai clinique, qui concernera des centaines de personnes, débutera en juillet.

Baxter est actuellement en mesure de produire trois millions de doses du vaccin par semaine. En cas de pandémie, "nous chercherons à stocker au moins 20 millions de doses", a-t-elle poursuivi, tout en espérant que "cela n'arrivera jamais".

La grippe aviaire a fait au moins 186 morts depuis son apparition chez des volailles en Asie en 2003. Deux décès sur cinq sont survenus en Indonésie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). AP

17.05.2007

Grippe aviaire: la chef de l'OMS pour l'accès universel aux vaccins

GENÈVE (AFP) - La directrice de l'Organisation mondiale de la Santé, le Dr Margaret Chan, a insisté mardi sur son "engagement personnel pour assurer dans tous les pays l'accès aux vaccins" contre le virus H5N1 pour enrayer une éventuelle pandémie de grippe aviaire.

"Les premiers accords de transfert de technologie pour les fabricants de vaccins dans les pays en voie de développement ont été signés", a-t-elle relevé en indiquant être engagée dans un "dialogue avec des entreprises leaders dans la production de vaccins anti-pandémiques".

Mme Chan a par ailleurs insisté sur le fait que "la charge écrasante de la maladie est portée aujourd'hui par la population africaine". Elle a cependant noté que "la distinction entre les problèmes de santé des pays riches et des pays pauvres n'est plus absolue".

"Beaucoup de pays riches ont de plus en plus de villes-taudis qui absorbent les ressources du système de santé et mettent en danger leurs systèmes de protection sociale", a-t-elle noté.

Par contre, a-t-elle poursuivi, "de plus en plus de pays en voie de développement ont maintenant des poches de richesse auxquelles est consacrée la part du lion des dépenses de santé".

La directrice de l'OMS a réaffirmé que l'amélioration de la santé en Afrique et de celle des femmes dans le monde constitueraient pour elle les deux indicateurs de l'efficacité de l'organisation.

Grippe aviaire: l'Indonésie partage de nouveau ses échantillons de virus

GENÈVE (AFP) - L'Indonésie a recommencé la semaine dernière à envoyer à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des échantillons du virus H5N1 de la grippe aviaire, a annoncé mardi à Genève le ministre indonésien de la Santé Siti Fadilah Supari.

"La semaine dernière, l'Indonésie a repris l'envoi d'échantillons de virus H5N1 au centre-relais de l'OMS à Tokyo", a déclaré le ministre devant l'Assemblée annuelle de l'OMS.

Insistant sur "l'esprit de solidarité" qui doit présider à la lutte contre la menace de pandémie de grippe aviaire, le ministre indonésien a "espéré pouvoir faire confiance au sens des responsabilités de l'OMS et de ses centres-relais".

Il leur a notamment demandé de "prévenir toute utilisation non appropriée des échantillons fournis par l'Indonésie et par d'autres pays, et d'assurer un mécanisme de partage responsable de ces virus".

Après avoir suspendu la transmission d'échantillons en décembre, l'Indonésie a dénoncé le fait que les pays pauvres fournissent gracieusement des virus à des laboratoires occidentaux et ne peuvent pas ensuite acheter leurs coûteux vaccins.

L'Indonésie est l'un des pays du monde où le virus H5N1 de la grippe aviaire est le plus virulent: la maladie y a fait à ce jour 76 morts. Les échantillons indonésiens sont donc indispensables pour suivre l'évolution du virus, surveiller ses mutations et mettre au point un vaccin "pré-pandémique" efficace, selon l'OMS.

L'OMS rappelle les dangers toujours latents de la grippe aviaire

GENEVE (AP) - L'OMS rappelle les dangers toujours latents de la grippe aviaire. La directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Margaret Chan, critique ainsi les pays qui ne veulent pas partager avec d'autres leurs échantillons de virus H5N1, les accusant de bloquer le combat mené contre la pandémie.

Si elle n'a désigné aucun pays nommément, l'Indonésie et la Chine sont les principaux résistants. Le gouvernement de Djakarta, notamment, est en conflit avec l'OMS depuis l'an dernier à propos du virus.

"Si vous ne partagez pas le virus avec nous (...) je vous ferai échouer", a averti mercredi Margaret Chan dans un discours destiné aux 193 Etats membres. Sans les échantillons du très pathogène H5N1 provenant des pays touchés, "vous me liez les mains, vous me rendez sourde et aveugle", a-t-elle expliqué.

Bien que le ministre indonésien de la Santé ait annoncé mardi que son pays avait bien partagé trois échantillons de virus avec un laboratoire japonais accrédité par l'OMS, rien ne dit que les prochains le seront aussi. En effet, l'Indonésie s'est plainte de ce que ces virus serviraient à la mise au point de vaccins qu'elle n'aurait pas les moyens d'acheter.

Les autorités chinoises ne se sont pas non plus montrées très coopératives. Aucun virus H5N1 n'a été envoyé de Chine depuis près d'un an, une période pendant laquelle Pékin a fait état de plusieurs cas de grippe aviaire. La Chine prépare cinq échantillons de virus à partager avec l'OMS, mais on ne sait pas quand ils vont être envoyés, a déclaré le porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl.

Margaret Chan a averti qu'une pandémie de grippe représenterait la plus grande menace sanitaire mondiale du XXIe siècle. Suivre à la trace l'évolution du H5N1 est, selon elle, essentiel pour déterminer avec précision à quel moment les mutations rendraient le virus capable de passer plus facilement d'homme à homme.

Sans les échantillons habituels de H5N1, a averti la directrice générale, les stocks de vaccins pré-pandémiques et d'antiviraux que de nombreux pays ont déjà achetés seront perdus. "J'ai besoin du virus pour suivre les nouveux modèles de résistance, pour que vos investissements en anti-rétroviraux ne disparaissent pas dans les égoûts", a-t-elle ajouté.

Plusieurs vaccins pré-pandémiques en cours d'essais conçus à partir du H5N1 existent déjà, mais compte tenu des mutations, les scientifiques ont besoin du dernier virus en circulation pour être sûrs de l'efficacité de leur préparation.

Trois brouillons de résolution concernant le partage d'échantillons de grippe aviaire et l'accès à un vaccin sont étudiés par un groupe d'experts à l'occasion de la réunion annuelle de l'OMS.

Les nouvelles recommandations sanitaires internationales de l'OMS concernant la prévention et la prise en charge des menaces sanitaires seront applicables le 15 juin. De nombreux pays les ont d'ores et dèjà adoptées. Elles les obligent notamment à avertir en cas de pandémie grippale, et permettent à l'OMS d'agir directement sur les sources d'information crédibles, plutôt que de passer par les canaux officiels.

Margaret Chan a déclaré qu'elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour aider les pays à les appliquer. AP

Lu dans le Monde

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont convaincus qu'un jour ou l'autre une pandémie de grippe déferlera sur le monde. . Il suffit pour cela qu'un virus inconnu apparaisse, contre lequel la population n'a pas eu l'occasion de développer de défense immunitaire. C'est une constante de l'histoire de l'humanité. Mais pour la première fois nous sommes en mesure d'anticiper la catastrophe. L'OFSP demande donc à la population de se préparer et d'acheter des masques de protection. Chaque citoyen, à l'exception des jeunes enfants, est appelé à acheter une réserve de 50 masques chirurgicaux pour son usage personnel. Un peu dans le même esprit qui voulait autrefois que les ménages fassent des "provisions de guerre" ou qu'ils aient accès à un abri antiatomique. La stratégie des autorités peut surprendre, explications.


Pourquoi ? Dès sa survenue, l'épidémie de grippe aviaire a fait craindre une pandémie. Le virus est particulièrement virulent à l'encontre de certains oiseaux; s'il s'adaptait de façon efficace à l'homme, il pourrait se propager rapidement. L'OMS a établi un plan d'alerte de six niveaux. Nous sommes, depuis trois ans, au niveau trois : le virus ne se transmet pas encore de l'homme à l'homme, mais la menace est réelle. L'organisation a demandé aux gouvernements de se préparer. Fin 2006, la Suisse bonne élève a été le premier pays à communiquer son plan de bataille contre la pandémie. Il s'agissait de mesures relevant de la Confédération et des cantons. Avec, notamment, le stockage des 8 millions de doses de vaccin pré-pandémique, et des réserves de Tamiflu pour 2 millions de personnes. Aujourd'hui, l'OFSP en appelle à la responsabilité individuelle. A chacun de se protéger.

Comment ? Le port d'un masque chirurgical peut limiter la transmission du virus, qui se propage par la toux et les éternuements. Ou par le contact avec des objets ou surfaces contaminés pour autant que l'on se touche ensuite la bouche, les yeux ou le nez. Aucune étude sur l'efficacité du masque n'a encore été publiée. Mais l'OFSP mise sur l'expérience acquise lors des épisodes de SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère (lire encadré). L'effet de protection escompté repose sur deux facteurs. Lorsqu'il est porté par des personnes infectées, le masque réduit la quantité de germes pathogènes en circulation. Par ailleurs il protège, partiellement, les personnes en bonne santé. Il s'agit donc de diminuer les risques de contamination. Son utilisation doit être simple.

Lequel ? L'OFSP a averti les distributeurs, pharmacies mais aussi grandes surfaces comme Migros et Coop. Celles-ci vendent dès aujourd'hui (depuis le début du mois pour Migros) des emballages de 50 masques simples, certifiés par Swissmedic, l'organe de contrôle des médicaments. Coût 4,90 francs (3 euros) l'emballage. En pharmacie l'offre est plus sophistiquée, avec des modèles munis ou non de soupape (sic). Le modèle le plus simple garantissant une protection de deux heures coûte 20 centimes pièce (12 centimes d'euros), le plus sophistiqué, qui a une durée de vie de huit heures, revient à 4,10 francs pièce (2,5 euros).
Quand ? L'idée est de se munir d'un masque de manière ponctuelle : pour affronter la foule. L'OFSP a calculé qu'il suffirait dans le meilleur des cas d'un masque par jour et par adulte pour faire face à ces situations. Comme une vague de pandémie devrait durer environ six semaines dans une région - douze pour toute la Suisse -, il faudrait environ 50 masques par personne pour faire face aux virus.
Combien de temps ? Après deux ou trois heures, les masques deviennent humides et perdent de leur efficacité. Il faut les changer. Ils doivent être bien adaptés au visage et couvrir la bouche et le nez. L'utilisation précise des masques et les situations dans lesquels il faudra les porter ne seront déterminées que lorsque le virus sera identifié et son mode de propagation connu. kEt les enfants? L'expérience a montré que les masques n'étaient adaptés ni pour les nourrissons, ni pour les enfants en bas âge. En cas de pandémie, il vaut mieux garder les plus petits à la maison et prendre des mesures d'"éloignement social", comme la fermeture des écoles et des garderies.
Quoi d'autre ? L'OFSP rappelle également des mesures d'hygiène simples : se laver régulièrement les mains, utiliser un mouchoir en papier pour tousser et éternuer et le jeter après usage. Eviter de serrer des mains, d'embrasser les gens. Et conseille plutôt de rester à une distance respectueuse de son interlocuteur.

Auteur : Marie-Christine Petit-Pierre

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-910608,0.html

12.05.2007

Grippe aviaire: l'Inde va faire des tests après la mort de 5.000 poulets

CALCUTTA (AFP) - Les autorités vétérinaires indiennes vont procéder à des examens de recherche du virus de la grippe aviaire sur des échantillons de poulets après la mort suspecte de 5.000 volailles en deux jours dans l'est de l'Inde, a indiqué mardi un responsable.

Les oiseaux ont tous succombé en l'espace de 48 heures dans une ferme de l'Etat du Bengale Occidental, a déclaré le responsable d'un district, Rajesh Pandey.

"Le village de Mathigara craint que les poulets aient contracté la maladie à cause de sa proximité avec des districts frontaliers du Bangladesh où la grippe aviaire s'étend", a-t-il affirmé.

L'exploitation a été fermée et les garde-frontières indiens doivent bloquer l'éventuelle importation de poulets depuis le Bangladesh voisin.

Le géant asiatique interdit depuis mars l'importation de volailles vivantes en provenance de pays touchés par le virus de la grippe aviaire. Le blocus concerne les importations de poulets, canards, dindes et d'autres espèces d'oiseaux. L'interdiction concerne aussi la viande, les oeufs, les plumes, le porc, la charcuterie et la nourriture animale dérivée de ces produits.

L'Inde avait été victime d'une épidémie de grippe aviaire en février 2006 et s'était déclarée débarrassée du virus en août dernier après avoir abattu 60.000 oiseaux.

Les experts craignent qu'un jour le H5N1, après une succession de mutations génétiques ou une association avec un virus grippal humain, puisse devenir facilement contagieux d'homme à homme et déclencher une pandémie.

Depuis que le H5N1 a fait son apparition en Asie du Sud-Est fin 2003, l'Organisation mondiale de la santé a recensé 275 cas humains confirmés de contamination à la grippe aviaire, dont près de 170 mortels, dans douze pays.

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